Le voleur de vie

Publisher: 
Place: 
Paris
Year: 
1994

The novel Tímaþjófurinn, translated to French by Régis Boyer. An Extract from the book was published in the book Programme des Boréales de Normandie, 3e Festival d'art et de littérature nordiques 1994 and then again in Programme des Boréales de Normandie, 5e Festival d'art et de littérature nordiques 1996.


From Le voleur de vie:
Premier jour d’été
Je n’ai mal nulle part, hormis dans mon âme toujours aussi blessée. Je vomis intérieurement. Avant de me jeter dans mon lit, encore tout habillée, je ferais peut-être bien d’aller rapidement jeter un coup d’oeil dans le réfrigérateur pour voir s’il ne reste pas encore un peu de gin. Je m’endors. Qu’est-ce qu’une dizaine de gins entre amis? À trois heures, de l’après-midi, il neige. Le premier jour d’été est une preuve du talent immémorial des Islandais pour l’humour. Toujours la même plaisanterie. Année après année. À quatre heures, de gros flocons tombent du ciel. Alda, le professeur de lycée, qui n’est pas vêtue, lit, à moitié allongée, à demi assise. J’ai complètement oublié de penser au nounours d’histoire à Mexico, à midi et demi. Pour tout dire, je dormais. Alma vomit à l'étage en dessous. Vomit sans s’arrêter. Sigga s’occupe d’elle. Je ne supporte pas l’odeur du vomi. La pauvre Alma ne peut pas boire plus de cinq ou six verres.

Tu reviendras, mon ami. Le jour de la fête du travail. Très bientôt. Et je ne ferai certainement pas l’école buissonnière. Mais oui, mon nounours. Brun et mignon après le soleil de Mexico.

Et tu frapperas dans tes pattes
et tu tireras Alda de ses frissons
et tu l’embrasseras, ta petite elfe dans sa robe de tulle.

Le 1er mai, nous chanterons L’Internationale :
En avant, les amants de la terre.
(69-70)