La Cité des Jarres

Place: 
Paris
Year: 
2005

The novel Mýrin (Jar City), translated to French by Eric Boury. The book was re-published in 2006 by the same publisher and from Métailié in Paris. That same year a version for people with impaired sight was released from A vue d'œil. Another version was released in 2011 by Métailié and yet another version was published in 2014 by Retrouvées in Paris.  

From La cité des jarres:

Erlendur rentra chez lui aux alentours de dix heures ce soir-là et enfourna un plat préparé dans le micro-ondes. Il se tenait devant le four et regardait le plat tourner derrière la vitre en pensant en lui-même qu'il avait vu nettement pire que ça à la télévision. Dehors, le vent d'automne gémissait, saturé de pluie et d'obscurité.

Il pensait aux gens qui laissaient un message derrière eux avant de disparaître. Et lui qu'écrirait-il sur un bout de papier? A l'intention de qui laisserait-il ce message? Sa fille, Eva Lind, apparut dans son esprit. Elle se droguait et aurait envie de savoir s'il avait de l'argent. Elle se faisait de plus en plus pressante dans ce domaine. Son fils, Sindri Snaer, venait de terminer sa troisième cure de désintoxicatino. Le message qu'il lui laisserait serait simple: plus jamais Hiroshima.

Erlendur sourit vaguement lorsque le micro-ondes émit trois signaux sonores.

N'allez pas croire que l'idée de disparaître où que ce soit avait traversé la tête d'Erlendur.

Lui et Sigurdur Oli avaient discuté avec le voisin qui avait découvert le cadavre A ce moment-là, son épouse était rentrée à la maison et avait parlé d'éloigner les enfants et de les emmener chez sa mère. Le voisin s'appelait Olafur et avait déclaré que lui-même et toute sa famille, femme et enfants, partaient pour l'école ou pour le travail tous les jours à huit heures du matin et que personne ne rentrait à la maison avant seize heures au plus tôt. C'était lui que allait chercher les garçons à l'école. Ils n'avaient rien remarqué d'anormal en quittant leur domicile le matin. La porte de l'appartement de l'homme était fermée. Ils avaient dormi d'un sommeil profond pendant la nuit et n'avaient rien entendu. Leurs relations avec le voisin n'étaient pas développées. Ils ne le connaissaient pour ainsi dire pas du tuot, bien qu'ils aient emménagé à l'étage au-dessus de chez lui plusieurs années auparavant.

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